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Retour dans les Alpes | #été 2020, part. III

    🍃 12 août

    Le lendemain nous plions bagages pour quitter la Grave, direction Névache, au fond de la vallée de la Clarée, à un peu plus d’une heure de route. On a décidé de faire tout doux ce jour-là – et cette fois on s’y tient. On élit domicile pour les deux jours à venir au camping de Fontcouverte, un grand camping un peu sauvage, sous une forêt de pins. Très peu de passage de véhicules motorisés, un petit ruisseau juste à côté de la tente : on sait qu’on va être bien. On emballe le pique-nique, on laisse la voiture à côté de la tente et on part se balader dans les environs. On doit marcher 500 mètres maximum, et on tombe sur une petite clairière, avec un arbre au bout : l’endroit est tout trouvé pour le pique-nique … qui se transforme rapidement en sieste. Et ça tombe bien puisque c’était le programme de la journée. Cette étape n’est donc pas la plus folle de nos vacances, mais elle est nécessaire pour recharger les batteries ! Le soir, une pluie d’étoiles filantes est annoncée. On met le réveil vers 1h du mat, on sort les grosses chaussettes, les duvets et tout ce qui peut nous tenir chaud ; on quitte la tente, on traverse la rivière (de nuit, chargé.e.s, avec la lampe torche bande d’inconscient.e.s que nous sommes), et on s’installe dans un petit carré d’herbe à la vue dégagée pour admirer la voie lactée. On n’attendra pas très longtemps avant d’apercevoir les premières astéroïdes, on est enveloppé.e.s dans 3 couches de pulls, écharpes et duvets, on se serre l’un contre l’autre et on profite. Un éclair transpercera le ciel, plus lumineux, plus long et plus rapide que les autres, c’est une étoile filante énorme qui nous éblouit et nous arrache un cri d’émerveillement. On a l’impression de l’entendre tellement elle fracasse le ciel avec vigueur ! On repartira quelques minutes après celle-ci, on a vu ce qu’on avait à voir et la tente nous tend les bras. 

    🍃 13 août

    Le lendemain s’annonce plus costaud : aujourd’hui, on a prévu de se rendre au Col du Chardonnet, d’après les conseils d’un de mes cousins croisés en début de vacances au mariage à Grenoble. Et ça tombe bien : le petit chemin qui y mène débute directement au pied du camping. On a pas vraiment d’horaire ni de planning, on décide de se laisser porter. La première portion de la randonnée jusqu’au refuge du Chardonnet grimpe bien comme il faut, sur un petit chemin caillouteux – déjà 400 mètres de dénivelé en une heure. En arrivant en haut, c’est l’émerveillement. Tu vois les jolies vallées dans les films Disney, avec les rivières qui chantent, les arbres qui se balancent en cœur et les sommets qui scintillent ? La même. On a l’impression d’être dans un film. Arrivé.e.s au refuge, on croise nos voisin.e.s de tente, qui connaissent les environs. Iels nous indiquent le chemin à suivre pour arriver jusqu’au col, ainsi qu’une “petite” boucle d’une vingtaine de kilomètres pour revenir ensuite au camping. On se fixe l’arrivée au col pour commencer : on avisera après. 

    Re-400 mètres de dénivelé plus tard, dans les hauteurs de la Vallée de la Clarée : le panorama est superbe. Où que l’on regarde, ce sont des sommets à perte de vue, de grandes étendues d’herbe verte et tendre, des petits chemins sinueux et quelques éclairs de poils bruns disparus aussi vite qu’ils montrent le bout de leur nez. Le Col du Chardonnet offre une vue imprenable sur le Massif des Ecrins. Et c’est le seul endroit de la vallée où l’on trouve du réseau ! On mange une barre de céréales entre deux appels aux parents, et on argumente 5 minutes pour connaître la suite de la rando : soit on rebrousse chemin et on redescend par là où on est venu.e.s, soit on continue un petit peu et on tente la boucle indiquée par nos voisin.e.s de tente.

    On connaît la suite.

    On s’engage donc sur le chemin du Col des Béraudes et, un peu plus loin, du Lac des Béraudes, sans carte et sans grande idée de là où l’on met les pieds. La première portion du chemin est un immense pierrier, qui continue à perte de vue. C’est impressionnant ; on se demande si l’on ne fait pas fausse route et surtout, si l’on ne se met pas en danger. D’ici, on a une vue globale sur le chemin qui semble faire des boucles entre les différents versants de montagnes. Sur notre gauche : la vue vertigineuse sur les Ecrins. Sur notre droite : des montagnes et des montagnes de rochers. En face de nous : on distingue un petit chemin montant dru et semblant passer à un autre versant. Mais il est encore très loin. Après une bonne demi-heure de marche dans les rochers, on aperçoit au loin deux petits points de couleur qui semblent marcher dans notre direction. “Chouette, on va pouvoir leur demander d’où iels viennent”. Effet d’optique ou pas, les points de couleur mettent un temps fou à se rapprocher de nous, et nous on continue à se débattre avec le pierrier. On finira par bifurquer sur le petit chemin aperçu plus tôt lorsqu’on arrivera à sa hauteur. La pente est très raide, on grimpe sans un bruit. Et tant mieux, car un troupeau de bouquetins nous attend tout en haut ! Ils sont 7 ou 8, majestueux avec les grandes cornes sombres et imposantes. C’est l’heure de la sieste : ils sont tous installés dans une position lascive et notre présence ne semble pas les déranger. 

    On passe donc un premier petit col, et le chemin nous mène à un deuxième col dans la foulée : on arrive au Col des Béraudes. La montée est sèche mais rapide, on la fait d’une seule traite (avec fierté, hé) et une fois passé le col, on se retrouve devant une vue plongeante sur … le lac des Béraudes. Il est turquoise, comme la majorité des lacs de montagne, entouré de rochers et au loin se déploie la Vallée de la Clarée, toujours dominée par un vert lumineux. Cette fois, c’est la bonne : on redescend et on rentre au camping ! Il apparait très vite que l’on a mal jugé des distances. La descente est interminable et même si la vue est splendide, on commence à avoir les articulations qui grincent. On dévale donc la pente avec une once de précipitation. On aperçoit un parking au pied de la montagne, le camping ne doit pas être bien loin ! Raté. Un panneau indique 5 kilomètres avant de rejoindre le hameau de Fontcouverte. On prend notre mal en patience et on termine la bouche avec ces 5 kilomètres sur du plat, accompagnés d’une fine pluie qui s’intensifie au fur et à mesure que l’on marche. 

    Quel soulagement lorsque l’on aperçoit les tentes ! A ce moment on n’y croit plus. On fêtera notre journée de sportif.ve.s avec un bon repas bien mérité au refuge de la Fruitière, à deux pas du camping. Le soir même, on ne fait évidemment pas long feu : ces 7 heures de randonnée et 1 100 mètres de dénivelé auront eu raison de notre énergie à tou.te.s les deux.

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