Islande • #J1 (Cercle d’Or : Þingvellir / Geysir / Gulfoss)

4h50 : nos deux réveils sonnent. On quitte les draps poisseux, je tente de me rafraîchir dans une douche qui ressemble à celle d’une cabine de bateau, j’ai les yeux collés et ceux de Celim ne sont pas mieux. Il fait nuit et on ne pense pas à en profiter car là où on va, on ne la verra pas pendant 15 jours.

On est à 15 minutes à pied de l’aéroport mais nos sacs sont lourds ; on se perd un peu sur le chemin, on se dit qu’on a évidemment bien plus que 23 kilos chacun et qu’on ne va jamais arriver dans l’avion et qu’on va rater notre voyage. Non, je rigole. On arrive au guichet et là c’est la grande surprise : 14 kilos pour moi, 19 pour Celim. Si j’avais su, j’aurai pris mon sèche-cheveux au lieu de prendre le risque d’avoir une frange dans l’approximation totale pendant ce séjour. On embarque, on est dans le coltard, on a mal et peu dormi. L’avantage c’est qu’on ne fait pas long feu dans l’avion et que le vol se passe plutôt bien (en fait on ne saura jamais.)

On atterri à 8h heure locale, on descend de l’avion. Ça y est on est sur le sol islandais. « Ah ouais donc il fait froid en fait ». On récupère la voiture de location, c’est très rapide et pas forcément chaleureux mais hé, on est pas venus en Islande pour se faire des copains. Et on décolle.

Enfin on … T’as compris. Au bout de 5 minutes, on hallucine déjà total sur les paysages qui bordent la route. C’est une espèce de lave recouverte de mousse qui nous accueille pour nos premiers kilomètres en terres islandaises. C’est beau, j’ai envie de tourner la tête tout le temps pour m’imprégner des paysages. Des premières montagnes percent ça et là, on ne connaît encore pas tous les massifs du coin mais c’est imposant, assez majestueux. L’atmosphère est direct posée, l’île paraît mystérieuse et sauvage.

Premier arrêt rapide à Reykjavik parce qu’on aperçoit en cours de route un petit impact sur le pare-brise qui ne nous semblait pas avoir été signalé. On se rend donc à l’agence qui est la plus proche de nous, rien de grave. Ça nous permet de faire quelques courses d’appoint avant d’attaquer les grands chemins et c’est très bien. Première virée en supermarché, et première vraie prise de contact avec le coût de la vie : salé. On fait le plein de pain de mie, de fromage à tartiner, de bananes, de jus de fruits, de lait et de shampoing sec. On prend un pack de bouteilles d’eau (qui s’avérera être de l’eau pétillante, autant te dire que là-bas l’eau pétille FORT et que niveau concours de rots on a gagné quelques médailles).

Go Cercle d’Or avec un premier fail à Selfoss : quelle idée d’appeler une ville du nom d’une cascade qui se situe littéralement de l’autre côté de l’île ! On en profite pour manger une première barre de céréales, sans se douter que cela constituera 80 % de notre régime pour les 13 jours à venir. On fait marche arrière et on s’embarque pour de vrai sur la route qui nous mène à Þingvellir.

On attaque donc une première journée en Islande dans la plus pure tradition touristique avec le Cercle d’Or, qui forme une espèce de circuit où l’on croise de nombreux cars de touristes venus se rincer les yeux près des 3 sites les plus visités d’Islande : Þingvellir, Geysir et Gulfoss. Avant d’arriver à Þingvellir, on fait notre premier « vrai » arrêt en campagne islandaise, au bord du Þingvallavatn, qui est quand même le plus grand lac naturel du pays. L’étendue d’eau est belle et calme, on est un peu émus de cette première rencontre avec le paysage.

Un type avec des cheveux bleus au bord du Þingvallavatn.

C’est ce même lac qu’on contournera pour arriver à Þingvellir, laisser la voiture sur un petit parking et se balader sur le site en tee-shirt (qui a dit qu’il faisait froid ici ?).

On a entendu dire qu’il y avait une faille tectonique dans le coin, on ne sait pas vraiment si on l’a trouvée en tous cas on se prend en photo au-dessus d’une petite crevasse et ça semble faire l’affaire 🙂

La crevasse tectonique !

Après un premier repas fait de yum-yums et de tartines de fromage, on reprend la route direction Geysir. On sort de la voiture et les première effluves de souffre (qui ne nous quitteront pas du voyage) commencent à nous chatouiller les narines. Ah d’accord. C’est intense. Geysir est assez impressionnant. Il faut attendre entre quelques minutes entre chaque apparition, on dirait une grande dame un peu timide qui ne sort que maquillée. Chaque sortie est accompagnée des acclamations des touristes, certains se sont trop approchés et se sont fait une frayeur, ça brandit les appareils photo et les smartphones, c’est l’attraction. Mais ça reste franchement impressionnant, ce jet d’eau magistral qui fait comme une énorme bulle à sa base et qui explose sur quelques mètres avant de retourner sous terre.

Bim ! Salut Geysir !

On continue notre chemin pour arriver à Gulfoss. Avant même de voir la cascade, on aperçoit au loin un immense arc-en-ciel. On se dit qu’on a rêvé, qu’un tel phénomène n’existe que dans nos têtes de voyageurs fatigués par une nuit exécrable en Formule 1. L’arc-en-ciel disparaît lorsque l’on se rapproche du site, ce qui confirme nos impressions. On sort de la voiture, on fait quelques mètres pour aller admirer la cascade en contre-bas, et là … une cascade en deux paliers, qui fait un bruit incroyable, survolée d’un arc-en-ciel tenace qui, cette fois, ne joue plus à cache-cache. C’est beau, le débit est impressionnant ; on marche le plus loin possible, jusque là où c’est permis. On en revient trempés, les lunettes mouchetées de gouttes de « pluie » et on traverse 2 fois l’arc-en-ciel.

Gulfoss vue d’en haut.

En revenant à la voiture, on se dit qu’il serait peut-être temps de trouver un endroit pour dormir. On fait l’expérience des premières journées sans nuit, c’est troublant. Cap sur le Sud, on décide d’aller voir le camping d’Hella. On arrive vers 21h, il est peu peuplé ; la salle commune est agréable, le site est spacieux et vert ; on attaque les réserves de soupe en poudre (joie) et on se met tranquillement au lit. Premier test des duvets : top !