Islande • #J7 (Selfoss / Dettifoss / Ásbyrgi / Húsavík)

Aujourd’hui on change nos plans ! On avait prévu de se rendre au lac de Mývatn mais en y regardant plus près sur la carte, il est plus intéressant pour nous de tenter le combo Selfoss/Dettifoss, les 2 cascades impressionnantes, et de passer la nuit à Húsavík, célèbre point d’observation des baleines et des macareux, au nord de l’Islande. On nous avait prévenus : la route pour atteindre les deux cascades est pénible, même en 4×4. On décide quand même de s’y aventurer et nous voilà partis, au bout de deux heures de trajet, pour 30 kilomètres de « route » caillouteuse et sombre. Le temps n’est pas spécialement clément, on n’aperçoit rien à l’horizon, que des cailloux.

On finit par arriver sur un parking bordé de rochers, la pluie menace mais se fait discrète pour le moment. Après une petite descente sur la roche grise (comme tout autour), on arrive en haut de Dettifoss. Dettifoss, c’est une chute d’eau de 44 mètres de hauteur qui se précipite du haut d’une falaise constituée d’orgues de basaltes. Complètement métal. On dit d’elle qu’elle a le débit le plus puissante d’Europe. On se dit qu’on y mettrait pas les pieds, même pour rigoler. Elle est majestueuse, brumeuse, mélancolique. On est aux portes de l’Enfer et on reste hypnotisés par son débit ; c’est une vraie force de la nature et, encore une fois, on se sent minuscules.

Une « petite » cascade vite fait.
(Dettifoss)

On continue le chemin caillouteux pour arriver à Selfoss, un peu plus en hauteur. Celle-ci est plus délicate que la première mais tout aussi impressionnante du fait de sa forme : en fer à cheval. Elle dégouline de tous les côtés, et donne naissance au canyon de la Jökulsárgljúfur qui court sur 24 km pour se jeter dans l’océan Arctique. 

A quelques kilomètres de là se trouve le canyon d’Ásbyrgi. Ce lieu est empreint de mythologie car il est également appelé « empreinte de Sleipnir », du nom du cheval d’Odin qui y aurait laissé la trace de l’un de ses huit sabots – et expliquerait ainsi la forme en fer à cheval de cette gorge spectaculaire. On se renseigne au centre info et l’on choisit une randonnée d’une douzaine de kilomètres autour du canyon. On débute dans un champ d’herbe verte, haute et moelleuse et on est vite amenés à grimper à l’aide de cordes le long d’une falaise. A partir de là, la randonnée se fait en hauteur ! On long le bord du canyon, on se rend compte que l’on arrive en son  « centre » et là, surprise. Sous nos pieds, à une centaine de mètres en contrebas et en plein milieu du « sabot », un petit lac turquoise en forme de cacahuète que l’on n’aperçoit qu’à cet endroit de la randonnée. Le reste est une vaste étendue de bouleaux d’un vert vif.

Le petit lac caché au fond du canyon d’Asbyrgi.

Il se dégage une atmosphère de sérénité malgré la pluie qui commence à s’inviter à la fête. Ce point de vue donne le vertige, peut-être à cause de la hauteur ou la surprise, on ne saura jamais. On a l’impression d’avoir découvert un secret, un paysage caché et heureux ainsi. On tourne les talons et on continue notre marche, toujours en hauteur, mais plus dans les profondeurs du plateau.

Après quelques traversées de champs à l’aide de ces petites échelles que j’affectionne tant, deuxième surprise : la terre se transforme et l’herbe se fait plus rare. On arrive sur un socle de lave, on ne comprend pas vraiment d’où ça vient mais c’est là, sous nos pieds. Ça fait des monticules, on dirait une planète minuscule, on se sent comme deux géant.e.s avec un monde miniature à nos pieds. On finit la randonnée dans des hautes herbes, entre des arbres, sur un sentier ou au bord d’une falaise. Tout change vite, on a l’impression d’être perdu.e.s, de revenir sur nos pas, de marcher en boucle. On finit par rejoindre le centre info ; on a marché 12 kilomètres.

On reprend la route tard, on part à Húsavík : on a rendez-vous avec les baleines le lendemain. On pose notre tente au camping municipal, il est vert et un peu vallonné, c’est la guerre pour trouver un emplacement à plat. On se ballade un peu, on fait le tour du port, Húsavík sent le poisson et les mouettes nous font comprendre qu’elles étaient là bien avant nous. La soirée au camping sera rythmée par les chants et les cris d’un groupe de slaves bien arrosés, qui ont sorti la guitare dans l’espace commun. Difficile d’accéder au matériel de cuisine, et comme on a pas trop envie de se battre contre une armée de muscles avinés, on décide de manger dehors avec notre petit réchaud. On ne fait pas long feu, on met le réveil à 8h pour être prêt.e.s pour les baleines.