Islande • #J3 (Seljalandsfoss / Skógafoss / Dyrhólaey / Vík / Þakgil )

Réveil sur les Îles Vestmann. Alors qu’on pense ne pas pouvoir refaire la traversée aujourd’hui, on tente quand même le tout pour le tout : après un petit déjeuner copieux et une deuxième crise de boutons, on se rend au guichet du ferry. « Bonjour, on souhaiterait acheter 2 billets pour aujourd’hui s’il-vous-plait ». « Oui, bien sûr, vous souhaitez partir à quelle heure ? » Ok, on avoue, on a toujours pas compris ce coup-là. On rassemble donc les affaires, on plie la tente rapidement, et on fait la traversée inverse, non sans un pincement au cœur en voyant s’éloigner ces îles sauvages et mystérieuses.

Ciao les Îles Vestmann.

On reprend la route 1 à la sortie du ferry. Ici nos plans changent (déjà) un peu. On avait prévu de se rendre au Landmannalaugar pour la 3ème journée, de passer deux jours sur place pour faire des randos et profiter du site qui a l’air exceptionnel. On a simplement oublié de vérifier les dates d’ouverture des routes F, ces routes qui quittent la route 1 (celle qui fait le tour de l’île), pour s’enfoncer un peu plus dans les hautes terres. Bon, on fera pas de dessin, elles sont fermées. C’est une grosse déception, mais on ne se démonte pas, et on avance. On prévoit un arrêt à quelques kilomètres de Vík, sachant qu’on a pas mal de choses à voir sur la route. Premier stop à Seljalandsfoss que l’on voit se dessiner au loin. La cascade est immense, elle mesure 65 mètres, et fait le bonheur des touristes puisqu’on peut en faire le tour et passer derrière.

Seljalandsfoss vue de derrière.

On continue notre circuit, non sans s’arrêter régulièrement pour admirer les paysages, jusqu’à Skógafoss, également très touristique. On peut l’admirer d’en bas, elle est impressionnante avec ses 62 mètres de haut et 25 mètres de large. Mais là où c’est intéressant, c’est qu’on peut grimper pour arriver à son sommet et depuis là, part un chemin moins fréquenté qu’on a arpenté sur 4-5 kilomètres aller-retour (mais qui fait bien plus puisqu’il s’agit en fait d’un trail célèbre de 25 kilomètres, reliant Skógar à Þórsmörk, en passant par le fameux Landmannalaugar). On pourra dire qu’on en a fait un petit bout ! La vue est incroyable en haut, on longe la Skóga qui sillonne une plaine faite de roches et de verdure. Au loin on aperçoit le glacier Eyjafjallajökull (à tes souhaits) chapeauté de son petit manteau de neige. La randonnée ne se faisant malheureusement pas partie de notre programme, on redescend tranquillement pour reprendre la route en direction de Vík.

Premiers kilomètres du trail Skógar – Þórsmörk.

On passe l’étape « carcasse d’avion » qui ne nous intéresse pas vraiment pour faire un arrêt sur la péninsule de Dyrhólaey ; il s’agit du point le plus au Sud de l’Islande ! Le petit îlot est une réserve naturelle protégée, on ne peut pas y accéder toute l’année en raison des périodes de nidation des oiseaux, notamment les macareux, qui la constituent. Il y a un vent dingue à cet endroit, on cherche un endroit un peu à l’abri pour pique-niquer mais on abdique rapidement. C’est en grimpant un peu avec la voiture tout en haut des falaises (impressionnantes) et en s’éloignant un peu du bord que l’on trouvera de quoi s’installer au calme pour allumer notre réchaud.

Un peu comme la falaise d’Etretat, mais en Islande.

Après cette pause, on arrive rapidement à Vík, village considéré comme particulièrement à risque en cas d’éruption du volcan Katla, situé sous le glacier Mýrdalsjökull. C’est un petit bourg d’environ 300 habitants, surplombé par une jolie église qui semble veiller sur la population. Le Guide du Routard écrit qu’il y fait rarement beau mais on y arrive sous un soleil inespéré ; là on mesure toute la chance qu’on a. On décide donc d’aller faire un tour sur la fameuse plage de sable noir, on est tellement bien qu’on reste là un bonne demi-heure à marcher sur les galets, les rochers, au bord de l’eau. D’un côté la mer, de l’autre les hauteurs. On a plus envie de partir.

#tronchesdecake

Il faut pourtant continuer notre route jusqu’au camping, qu’on a repéré la veille. On s’éloigne là de la route circulaire pour rentrer un peu plus dans les hauteurs, on enclenche le mode 4×4 du Duster et on débarque sur un petit chemin caillouteux que l’on va suivre sur 14 kilomètres, lesquels nous mènent au cœur des montagnes d’Islande. La route serpente entre plaines verdoyantes, collines et montagnes, on passe d’un paysage à l’autre en se faisant quelques frayeurs (les fameux « blind heads », ces montées où l’on ne voit pas ce qui nous attend de l’autre côté), on s’arrête toutes les quinze minutes tellement la vue est phénoménale. Ici on surplombe une baie glaciaire, là on est franchement sur une autre planète avec des colonnes de roche rousse qui bercent les virages, on passe devant des étendues d’herbe fraîche qui appellent à la sieste inopinée avec en fond, une vue bouleversante sur le Mýrdalsjökull, le quatrième plus grand glacier du pays. On aurait envie que le trajet ne s’arrête jamais, chaque virage nous offre une nouvelle surprise, je lâche ma première larme du voyage.

La vue, la lumière, le calme : tout est réuni pour arracher une première larmichette.

On arrive finalement au camping, situé au cœur d’un cirque, parfait point d’arrivée pour cette épopée. On retrouve Pierre et Suzanne sur le parking, ça nous fait bien rigoler. Le camping est extrêmement bien placé, cerné de montagnes moussues et il est baigné d’un soleil doux, accueillant.

Þakgil : certainement le camping le plus incroyable qu’on ait fait.

Au moment de planter la tente, petit malaise. « mais elles sont où les sardines ? » « ben je sais pas, c’est pas toi qui les as prises ? » « ben si, pour les laver mais … » « ah. » Donc elles sont restées au camping d’Heimaey. Conclusion : je ne lave plus jamais les sardines. Heureusement, le type de l’accueil en a quelques unes à nous dépanner, oubliées ça et là par des touristes au moins aussi étourdis que moi ; cela dit, je ne suis pas sûre que nous soyons beaucoup à avoir fait le coup de TOUTES les perdre. Bref. On s’installe, on trottine un peu dans l’herbe douce et on se prépare à dîner. Les campings sont généralement pourvus d’une salle commune, chauffée ou non, plus ou moins bien équipée dans laquelle se retrouvent les campeurs en fin de journée. Ici, pas de salle mais une grotte à l’abri du vent. Le guide du routard n’avait pas menti ! On s’installe sur l’une des grandes tablées, pas très loin d’un poêle qui chauffe un peu la grotte, il ne fait pas froid et on peut admirer la vue sur cet endroit complètement atypique. Nous sommes à Þakgil, ce n’était pas un arrêt prévu à la base, et c’est une petite bénédiction pour nous.