Islande • #J2 (les Îles Vestmann)

On se réveille vers 9h avec l’impression de ne pas avoir fermé l’oeil de la nuit. Enfin si, mais de s’être réveillés plusieurs fois à midi. Enfin … On ne sait pas trop, mais l’absence de nuit est perturbant. Petit déjeuner dans la salle commune, tartines de nutella, jus d’orange et … surprise ! Sous la douche, je me couvre de plaques, de petits boutons rouges des pieds à la tête (littéralement : des pieds à la tête). Tant pis, j’ai toujours rêvé d’être un léopard.

On prend la route en respectant notre programme du jour : on embarque pour les Îles Vestmann ! Il faut prendre le ferry à Landeyjahöfn, pas loin de Skogafoss. On arrive devant une plage de sable noir, la première que l’on verra, et déjà l’archipel se dessine au loin. Les îles paraissent un peu brumeuses, très énigmatiques. C’est pas fait exprès mais on arrive pile poil pour le départ du ferry. Je monte avec la voiture dedans, Celim m’attend sur le pont. Evidemment, je suis la seule à me perdre dans la cale, il me faudra 5 bonnes minutes pour atteindre le pont en me demandant si je ne finirai pas mes jours seule, dévorée par les rats. Je débarque sur le pont et nous voilà partis pour 35 minutes en mer. L’arrivée sur les îles est époustouflant, on se croirait dans un biopic sur Christophe Colomb ; il ne manque que la musique dramatique et le décor est planté. On navigue entre plusieurs îles qui sont en fait le ressort d’une éruption sous-marine ; c’est brut, massif, impressionnant. La brume entoure le contour des îles, seule l’un d’entre elles est accessible et nous ouvre la voie, accessible par un petit port au milieu de son unique ville. Elle semble taillée en cuvette, entourée de falaises recouvertes de verdure, le contraste est frappant entre les différentes matières dont est faite l’île.

L’arrivée sur les Îles Vestmann

On part à la recherche de notre camping, situé à 5 minutes en voiture du port et on arrive en plein milieu d’un cratère. « Donc on campe ici ? » « Oui, je crois ». On installe la tente, on se renseigne à l’accueil : oui, on campe bien dans le cratère. La vue est magnifique, on aperçoit quelques moutons en haut qui ont l’air de nous défier. On se dit qu’on irait bien leur faire un coucou donc on attaque une ascension assez musclée des parois qui nous entourent. Les moutons sont là mais restent assez sauvages, on essaye de les approcher mais ils sont méfiants – et on les comprend. En arrivant sur l’arrête, on peut voir de l’autre côté : falaises et mer d’un bleu intense, sauvage. On continue notre petit chemin en hauteur pour arriver sur une espèce de terre-plein d’herbe et là, c’est comme si on était sur les toits du monde. C’est le spot rêvé pour un pique-nique, on sort le réchaud et on envoie le yum-yum au curry.

Toujours plus de panoramas de pique-niques !

Ici on a une vue sur toute l’île, qui est surplombée par un volcan, l’Eldfell. On apprendra plus tard que ce même volcan a été en éruption pendant 5 mois en 1973 ; il a détruit une bonne partie de la ville, qui s’est reconstruite par la suite. La coulée de lave s’est solidifiée dans la mer, agrandissant ainsi l’île de quelques kilomètres. On décide donc que la prochaine étape, c’est d’aller voir ce fameux volcan de plus près puisqu’il est accessible. Après une descente sur un autre versant, on regagne la voiture pour enfiler les quelques kilomètres restant jusqu’au volcan. On attaque une nouvelle montée à pied. Le sol est plein de cailloux, graveleux, les couleurs sont noires, rouges, grises. On aperçoit le sommet du volcan, plus rouge que le reste, on continue notre montée. Son sommet nous offre un autre panorama sur l’île, puisqu’on la voit désormais depuis le bout opposé. L’atmosphère est sereine, on croise peu de monde, c’est silencieux.

Vue d’Heimaey, depuis le sommet de l’Eldfell

Quelques pierres fument encore, c’est très impressionnant de se dire qu’il y a quelques années le volcan était encore en activité. Secrètement je lui demande de ne pas trop se réveiller dans les prochaines 24 heures, non pas que je n’aimerai pas voir un volcan en éruption mais quand même, c’était pas l’objet du voyage. Il doit être 19 heures quand on décide de redescendre et d’aller se rafraîchir … à la piscine municipale. 3 bassins avec des températures différentes, un hammam et un tonneau d’eau glacée, parfait pour décontracter les muscles et feignasser un peu.

On rentre au camping, on s’installe dans la salle chauffée pour se faire à manger. Deux autres couples de français sont là et discutent, on fait connaissance. « Et vous venez d’où ? Vous allez dans quelle direction ? C’est quoi votre prochaine étape ? » On sympathise avec Pierre et Suzanne qui seront, malgré eux, nos compagnons de route sur les trois prochaines étapes. On se fait une petite frayeur avec le ferry que l’on tente de réserver pour repartir le lendemain : plus de place à bord d’aucun ferry sur la journée. On ne l’avait pas prévu, et même si la perspective de rester coincés 24 heures de plus sur une île nous fait gentiment rire, c’était pas dans nos plans ! Damn ! On va donc se coucher en se disant qu’on explorera l’autre versant de l’île le lendemain ; de toute manière, on a toujours pas vu de macareux et c’est l’occasion.