Budapest

Ça nous a pris comme une envie de pisser ; l’automne dernier, on a pris nos billets pour Budapest. La perspective de tremper nos sillons inter-fessiers dans les thermes pendant que les températures rafraîchissaient nous enchantait plutôt bien. On a donc réservé nos billets ainsi qu’un airbnb qui semblait charmant, on a plié nos bagages et on s’est apprêtés à décoller un samedi matin. Sauf que …

Vendredi, 15 heures. Celim m’écrit. « Je crois que j’ai fait une bourde ». « … ». « Je me suis planté dans les dates en réservant le airbnb. » « … ». Il est 15 heures, nous sommes vendredi, et nous décollons à 7h le lendemain matin. Agitation, neurones sur le qui-vive : plan B avec petite suée. On trouve in extremis un hôtel pas si cher, pas si mal situé. De toute manière, qui a dit qu’on avait le choix ? On prend !*

On débarque à Budapest comme prévu le samedi matin, comme des fleurs ou presque. Budapest sera un condensé de grand n’importe quoi, vécu sur un fond de gueule de bois. La ville est très clivée (elle est d’ailleurs très nettement séparée en deux, de chaque côté du Danube) ; l’ancien côtoie le moderne, il n’y a souvent qu’une rue entre l’extrême pauvreté et la richesse bling-bling, et ici les immeubles abandonnés sont réinvestis en bar délirants, les Ruin Pubs. On alterne grandes ballades et escalades sur la rive côté « Buda » pour atteindre le château royal et ses musées, et moments de détente, notamment dans les thermes incroyables de Széchenyi, côté « Pest ».

Nous retiendrons, sur les 4 jours de notre voyage :

– le Szimpla Kert, qui serait au passage le troisième meilleur bar au monde selon un concours organisé par Lonely Planet en 2012. Il est dans la lignée des Ruin Pubs, ces bars installés dans des immeubles abandonnés, sur plusieurs étages. La déco est folle, vintage et chinée, entremêlée, fouillie et délirante. On se ballade à travers les différentes atmosphères, un couloir de plantes vertes, une baignoire abandonnée, des murs recouverts de posca et de guirlandes en tous genres.

– le kürtőskalács, cette pâtisserie hongroise en forme de cheminée vendue dans les rues dans des petites cabanes éphémères. Il s’agit d’un genre de pâte à beignet qui vient de Transylvanie. On les regarde dorer lentement au feu de bois pendant que le sucre se cristallise à leur surface. C’est croustillant à l’extérieur et tendre à l’intérieur, autant dire que rien que l’odeur fait rêver. On se doute bien qu’on en a pour son quota de kcal (étalé sur deux jours x 10) mais bref ! les vacances, quoi.

– la Palinka ? On s’en souvient pas vraiment 😉

– les thermes Gellért et Széchenyi, les plus réputés. On tente Gellért après une soirée folle à la découverte de la palinka et des Ruins Pubs, en compagnie de notre copain Sylvain et son frère, retrouvés presque par hasard dans la ville. Détente maximum, on ne saura jamais si c’est le sauna qui a soigné notre mal de crâne mais on aura profité de thermes baignés d’un doux soleil, assez exceptionnel pour une fin d’octobre. Schéchenyi, ça sera pour clore le voyage ! Le sauna est assez rude, on se liquéfie comme deux petits raisins ramollis et on joue à celui qui tient le plus longtemps sur le jet d’eau froide à sa sortie. Le bassin extérieur est assaillis de baigneur.se.s venu.e.s se prélasser sous les derniers rayons du soleil automnal. On n’y restera pas longtemps, préférant se perdre dans le dédale des nombreux bassins intérieurs, tous à des températures différentes. Mission accomplie pour nos SIF en tous cas, on repartira détendus du boule et remis à zéro niveau toxines.

Cette ville coupée en deux a énormément de charme et il faut dire qu’on a été extrêmement chanceux.ces quant aux températures. Les amoureux.ses de grandes marches ou celles et ceux qui préfèrent feignasser les fesses dans l’eau trouveront forcément leur compte en visitant Budapest. Egészségedre !

*on partagera donc nos 3 nuits avec un voisin particulièrement bruyant, qui semble avoir des soucis de cloison nasale et des discussions très agitées par facetime en plein milieu de la nuit. A noter : nos deux chambres sont séparées par une simple double porte … On dira qu’on ne pouvait pas se plaindre !